The Punisher - One Last Kill : que faut-il avoir vu pour regarder le John Wick de Marvel ?
Le nouveau film Punisher est arrivé ce mercredi 13 mai sur Disney+. On y retrouve un Frank Castle au bord du gouffre, cherchant un nouveau but à sa vie à travers la violence et la non-rédemption. Mais faut-il tout savoir du personnage pour comprendre ces nouveaux enjeux ? On vous répond.
Violent, nerveux et bien plus sombre que la plupart des productions Marvel récentes, The Punisher : One Last Kill s’impose déjà comme l’un des projets les plus atypiques du MCU. Présenté comme un moyen-métrage centré sur Frank Castle, le célèbre anti-héros incarné par Jon Bernthal revient dans une aventure brutale qui rappelle autant les comics les plus sombres de Marvel que la saga John Wick, en version “street level”. Cependant, ce n’est pas la première apparition du Punisher dans un contenu Marvel, alors faut-il avoir suivi les précédentes séries de la Maison des Idées avant de se lancer ?
Faut-il avoir vu Daredevil Born Again et The Punisher ?
Nous avons pu voir The Punisher : One Last Kill en avant-première et, effectivement, pour profiter pleinement du moyen-métrage nous conseillons d’avoir vu la série The Punisher ainsi que Daredevil: Born Again (qui fait elle-même suite à la série Daredevil). Ces deux productions permettent de mieux comprendre le parcours psychologique de Frank Castle, ses traumatismes et surtout ses relations avec certains personnages secondaires qui réapparaissent dans le moyen-métrage.
Voici les très grandes lignes de ce que vous devez savoir si vous n’avez pas vu ces shows et ne souhaitez pas les rattraper avant de vous lancer dans The Punisher : One Last Kill.
Que faut-il retenir de la série The Punisher ?
La série pose les bases du personnage : ancien militaire hanté par la mort de sa famille, Frank Castle mène une guerre personnelle contre le crime en utilisant des méthodes particulièrement expéditives. Toute la dimension tragique du héros vient de cette douleur permanente, de sa santé mentale qui se dégrade et de son incapacité à retrouver une vie normale. Sans connaître cette histoire, certains moments émotionnels de One Last Kill risquent de perdre un peu de leur impact.
Que faut-il retenir de Daredevil : Born Again ?
De son côté, Daredevil: Born Again permet surtout de comprendre où se situe Frank Castle dans le MCU actuel. La série développe davantage ses liens avec Matt Murdock et montre comment le personnage évolue dans un univers Marvel devenu plus connecté. On y retrouve par ailleurs de superbes échanges entre le Punisher et d’autres personnages qui confrontent ses idéaux radicaux à d’autres plus “réfléchis” disons, ils permettent d’avoir plus de recul face à la violence du nouveau moyen-métrage. La série comporte également les derniers agissements en date du justicier et précède donc chronologiquement Punisher : One Last Kill.
Cela dit, le moyen-métrage reste pensé pour être accessible. Même sans avoir vu ces séries, il est facile de comprendre le plus important : Frank Castle est un justicier violent, solitaire et obsédé par sa croisade contre les criminels. Sa vengeance touche à sa fin et son existence n’a plus de but. Le récit va à l’essentiel et fonctionne aussi comme une histoire indépendante centrée sur l’action et l’atmosphère.
Une version plus (trop) brutale et mature de Marvel ?
Dès les premiers instants, on voit très vite les clins d'œil à la saga John Wick, aussi bien sur le fond que sur la forme. En d’autres termes, c’est une histoire de vengeance ultra violente, une violence d’ailleurs encore rarement vue chez Marvel. Si on pouvait déjà la retrouver dans Echo ou Daredevil, elle est ici encore plus crue et elle pose tout de même une question : a-t-elle un intérêt ?
Clairement, le premier, c’est de permettre aux fans de retrouver l’essence même de ce qui faisait l’ADN de Punisher dans les comics : un anti-héros sans limite. Seulement voilà, ce qui peut paraître positif sur le papier n’est pas sans conséquence. En effet, le personnage de Punisher n’a plus la même symbolique aujourd’hui. On retrouve de nombreux policiers et néo-nazi se faisant tatouer son symbole : il représente maintenant une idéologie d’extrême droite, mascu et de suprématie blanche.
On pourrait alors parler simplement d'appropriation et ne pas blâmer Marvel pour quoi que ce soit, mais dans ce nouveau moyen-métrage la violence est exacerbée et surtout infligée la plupart du temps à des minorités ethniques jouant les criminels de la ville… C’est le principal thème : l’insécurité dans les rues, énorme enjeu également pour l’extrême droite et la coïncidence est trop parfaite. On ne peut que voir une volonté de surfer sur la nouvelle popularité du personnage quand on sait que l’ancienne série se concentrait plutôt sur le crime organisé que sur les violences qui touchent directement les citoyens…
Ainsi, bien que The Punisher : One Last Kill soit objectivement une réussite narrative pour ce qui est du développement du personnage, il faudra rester éveillé quant aux messages que pourra véhiculer le moyen-métrage. En espérant qu’il agisse plutôt comme une mise en garde des débordements de la haine plutôt que comme un pamphlet contre l’immigration.
The Punisher : One Last Kill est à retrouver dès aujourd'hui en streaming sur Disney+.
Source : Disney+