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"L'amour ouf" est-il inspiré d'une histoire vraie ?
Cinéma

L’Amour ouf : le film de Gilles Lellouche est-il inspiré d’une histoire vraie ?

"L'amour ouf" est-il inspiré d'une histoire vraie ? © Canal+

Carton plein pour L’Amour ouf. Récemment ajouté au catalogue de Netflix, le long-métrage signé Gilles Lellouche s’est rapidement hissé en tête du top 10 des films les plus vus du moment sur la plateforme au N rouge. Une histoire d’amour brute, violente et bouleversante, qui fascine les spectateurs. Derrière cette passion dévorante, pourrait-il se cacher une histoire vraie ?

Avec un budget estimé à 32 millions d’euros, une sélection en compétition officielle au Festival de Cannes et un casting cinq étoiles (François Civil, Adèle Exarchopoulos, Vincent Lacoste, Alain Chabat, Élodie Bouchez ou encore Jean-Pascal Zadi), L’Amour ouf s’impose comme l’un des films français les plus ambitieux de ces dernières années. Mais si son récit semble si authentique, c’est sans doute parce qu’il puise ses racines dans une œuvre littéraire au parcours hors norme.

Un film inspiré d’un roman… mais pas d’une histoire vraie

Contrairement à ce que son intensité peut laisser croire, L’Amour ouf n’est pas l’adaptation d’une histoire vécue. Le film est en revanche tiré du roman Jackie Loves Johnser OK?, écrit par l’Irlandais Neville Thompson et publié en 1997. Une œuvre de fiction, certes, mais nourrie d’un réalisme social saisissant.

Né à Dublin en 1961, Neville Thompson n’a rien du romancier installé. Après avoir refusé l’université, il enchaîne les petits boulots, écrit en cachette dès l’enfance et connaît la précarité. C’est au chômage, de retour en Irlande, qu’il rédige les 33 premières pages de son premier roman, racontant l’histoire d’amour chaotique de deux adolescents issus d’un quartier populaire de Dublin. Un récit cru, violent, traversé par une énergie presque brutale.

Un roman culte au destin improbable

L’histoire de L’Amour ouf est aussi celle de son auteur. Car c’est sa femme qui le pousse à continuer son œuvre. Refusé 70 fois par des éditeurs, le roman finit par être publié chez Poolbeg. Le succès est immédiat : 17 000 exemplaires vendus en Irlande, un chiffre considérable pour un pays de 3,6 millions d’habitants à l’époque. La presse irlandaise encense ce texte radical.

Traduit en France sous le titre L’Amour ouf en 2000, chez Robert Laffont, puis en poche chez 10/18, le roman devient un petit classique. Parmi ses lecteurs : Benoît Poelvoorde, qui le transmet à Gilles Lellouche. Il faudra pourtant près de quinze ans pour que le projet d’adaptation voie enfin le jour sur grand écran.

Une histoire de fiction ancrée dans le réel

Si L’Amour ouf ne raconte pas une histoire vraie, il s’inspire largement de réalités sociales bien concrètes. Dans le film, l’action est transposée dans le Nord de la France des années 1980. On y suit Clotaire et Jackie, deux adolescents que tout oppose mais que l’amour consume. Lui sombre dans la délinquance, elle rêve d’émancipation. Dix ans de prison, un crime non commis, des vies brisées puis recousues tant bien que mal : le film explore la mémoire et les amours impossibles.

C’est précisément ce mélange de fiction romanesque et de vérité émotionnelle qui fait la force du film. L’Amour ouf n’est pas une histoire vraie, mais une histoire vraisemblable, portée par des personnages profondément humains. Et c’est sans doute pour cela qu’elle touche autant.

Source : Cosmopolitan

Lucas Chauviré
Lucas Chauviré Rédacteur