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Alors, que vaut le nouvel album d’Avril Lavigne, “Head Above Water” ?

La chanteuse canadienne Avril Lavigne raconte son combat contre la maladie de Lyme dans son nouvel album Head Above Water © Lisa O'Connor / AFP

La chanteuse canadienne a observé un quasi-silence radio de presque cinq ans. Atteinte de la maladie de Lyme, elle a subi plusieurs opérations pour se remettre sur pieds, mais la voici de retour. Avec sa planche de skate ?

Au revoir les Converse, bonjour les talons aiguilles

Un nouvel album d’Avril Lavigne en 2019, c’est musicalement la totale inconnue. On parle quand même d’une artiste qui a commencé avec des chansons pop-punk comme Complicated ou Sk8ter Boy, pour finir par un titre carrément dubstep type Hello Kitty. Un changement tellement important que certains sont persuadés qu’elle a été remplacée par sa doublure, une certaine Melissa Vendela. D’où les changements physiques, d’attitude et même de voix. Oui, des fois internet va loin, très loin...

C’est à la chanson éponyme de débuter ce nouvel album et d’instaurer directement le ton général. Il ne va pas falloir compter sur les guitares électriques et chansons rock des premiers albums. Head Above Water débute sur une chanson guitare-voix qui en impose, où Avril ne semble jamais avoir aussi bien chanté. Une ballade puissante, renforcée par de superbes arrangements et portée par des paroles guerrières, dans lesquelles elle évoque les épreuves traversées à cause de la maladie. Un titre très agréable à écouter, mais sur lequel on ne va clairement pas avoir envie de danser comme sur un bon vieux Girlfriend...

Avril et Nicki font bon Minaj

Mais que les plus acharné(e)s du dancefloor se rassurent, Avril a pensé à tout le monde et livre un titre plus proche de ses dernières productions avec Dumb Blonde. Grosse prod, mélange de guitares saturées et de R’N’B, on a assurément le tube de l’album qui va permettre à Avril de venir à nouveau jouer dans la cour des grandes de la pop, où les caïds s’appellent maintenant Katy Perry et Taylor Swift. Mais autant le dire tout de suite : il s’agit de la seule chanson aussi clinquante au milieu d’un album à l’ambiance bien plus posée et au propos très introspectif. Après tout, la pochette très sobre, montrant la chanteuse nue (quoi ?) uniquement cachée de sa guitare (aaah, d’accord), affichait d’emblée la couleur.

Avril Lavigne se met à nu dans cet album. Une chanson comme Tell Me It’s Over s’offre même un petit côté jazzy plutôt original, venant donner encore plus d’efficacité à cette ballade qui n’est pas sans rappeler ses premières chansons, comme I’m With You ou Nobody’s Home.

Garder la tête hors de l’eau

Mais pour ce qui est sans nul doute son album le plus introspectif, elle ne tombe pas dans la facilité de l’apitoiement. Après tout, l’emo, c’est il y a 15 ans que c’était à la mode. Alors pas question de faire couler le mascara. Les propos restent positifs et cet optimisme se ressent également dans des chansons comme Souvenir, ou dans la très soul et étonnante Crush.

Avril Lavigne fait le bilan de ses déceptions passées et mauvais choix, comme sur I Fell In Love With The Devil, puis déclare qu’elle sait maintenant ce qu’elle veut et n’a plus de temps à perdre pour le futile (Goddess, Bigger Wow). Le message est clair. Elle s’est soignée, elle va mieux et a désormais envie de croquer la vie à pleines dents. Et ça s’entend. La preuve avec le dernier titre surpuissant, nommé Warrior, sur lequel on termine comme on a commencé. Piano-voix, envolées lyriques et paroles où Avril martèle qu’elle est une guerrière et une survivante. Un retour à la fois étonnant, soigné, et qui semble bien marquer un nouveau départ dans la carrière d’Avril Lavigne.

Sébastien Delecroix
Sébastien Delecroix Rédacteur