1BR: The Apartment, film en compétition au Festival de Gérardmer.
Cinéma

Festival de Gérardmer : monstres marins et voisins dérangés

1BR: The Apartment, film en compétition au Festival de Gérardmer. © Epicenter / Malevolent Films

Ce jeudi 30 janvier 2020, SFR Actus à continué son voyage horrifique au Festival international du film fantastique de Gérardmer. L'occasion de découvrir deux nouveaux films en compétition : Sea Fever et 1BR: The Apartment. On pense même avoir trouvé quel film recevera le Prix du public !

Deuxième jour au Festival de Gérardmer ! Les séances commencent toujours par des cris de loups-garous hués par les spectateurs. La bonne ambiance et l'effroi sont au rendez-vous. Nous avons donc continué les projections de la sélection officielle, toujours en présence du jury exceptionnel composé notamment d'Arielle Dombasle, Flavien Berger, Alice Winocour et présidé par Asia Argento.

En cette deuxième journée où la neige était remplacée par la pluie et où toutes les capuches étaient de sortie, notre attention s'est portée vers deux longs-métrages : Sea Fever, de Neasa Hardiman, un thriller en haute mer avec une morale pseudo écologique, et 1BR: The Apartment, de David Marmor, qui nous en a fait voir de toutes les couleurs !

Sea Fever, un film qui ne se mouille pas...

Après avoir succombé à Snatchers lors de la soirée d'ouverture, nous voilà désormais devant Sea Fever. Un film irlandais qui nous confronte à la peur des terribles fonds marins. On retrouve Siobhán, jeune étudiante en biologie marine qui n'a pas le contact social facile et préfère s'isoler des autres pour se consacrer à ses recherches. C'est donc en toute logique que la voilà partie en pleine mer sur un bateau de pêche pour examiner les prises de l'équipage et terminer sa thèse. On quitte donc très rapidement les paysages irlandais verdoyants pour rejoindre l'austérité des flots. Bien entendu, tout ne se passe pas comme prévu : un mystérieux monstre marin enserre le navire dans ses immenses tentacules. Et comme si ça ne suffisait pas, un virus semble se propager et tuer les marins un à un...

Si le film semble, au premier abord, présenter un message écologique fort sur la préservation de la biodiversité marine, sa portée politique se dilue progressivement en contournant toutes les prises de risques possibles, pour finalement atteindre le quasi-néant. Sea Fever ne parle pas vraiment de ce qui fâche et préfère se concentrer sur une intrigue pleine d'incohérences et de résolutions trop rapides qui relèvent parfois bien trop du deus ex machina. C'est un peu long, c'est un peu mou, et contrairement à ce qu'on pourrait s'imaginer, ce n'est pas qu'un poulpe.

Comme toujours à Gérardmer, le bain de sang est au rendez-vous lui aussi. On s'attend au départ à un film approprié aux cœurs fragiles. Nous sommes rapidement forcés de changer d'avis lorsqu'on voit les pupilles d'un des personnages se dilater, bien au-delà de son iris, jusqu'à ce que ses yeux finissent par exploser dans une marre d'hémoglobine. Un détail pour le moins original qui ne rattrape pas le reste du film. Nous avons donc finalement choisi de lui attribuer la note de 2/4 pour le Prix du public. Non, le grand vainqueur n'est pas là !

1BR: The Apartment, le Prix du public ?

Résumer 1BR: The Apartment ne sera pas une mince affaire. Non-seulement parce qu'en raconter trop gâcherait l'effet de surprise. Mais ne pas rentrer dans les détails le ferait passer pour un film assez banal sur lequel il ne mérite pas de s'attarder. Disons simplement qu'il parle d'une femme, Sarah, en rupture complète à sa famille, qui espère prendre un nouveau départ à Los Angeles pour faire carrière dans l'industrie du cinéma. Classique. Elle s'installe dans une résidence un peu glauque. Encore classique. Elle entend des bruits inquiétants la nuit, classique. Toujours classique. Mais le plus sinistre sont encore ses voisins, qui mènent une vie parfaite, en apparence. En apparence...

1BR: The Apartment, malgré quelques lacunes de réalisation, réussit à nous emmener pleinement dans un univers malaisant. L'angoisse est réelle, la situation semble désespérée et on est pris d'une immense empathie pour son héroïne. Le tout, sur une morale beaucoup plus forte et marquée que celle de Sea Fever. Le film interroge sur la notion d'égoïsme complet de l'humanité et propose une solution beaucoup trop extrême et inappropriée pour y remédier. Nul doute qu'après la séance, on a envie de devenir de bonnes personnes pour ne pas subir les mêmes atrocités que sa protagoniste.

Un long-métrage que l'on attendait pas forcément et pour lequel on a enfin eu le coup de cœur qu'on attendait. C'est donc sans hésiter que nous lui attribuons la note de 4/4. Et nous ne sommes probablement pas les seuls. Largement ovationné par les spectateurs et spectatrices - au milieu de la projection comme à la fin -, 1BR: The Apartment est un sérieux candidat pour le Prix du public qu'il mérite amplement !

Mais il reste encore cinq films en compétition qui n'ont pas encore été projetés et une surprise reste à prévoir jusqu'à la cérémonie de clôture du 27e Festival international du film fantastique qui prendra place ce dimanche 2 janvier à Gérardmer.

Clément Capot
https://twitter.com/Clepotp Clément Capot Rédacteur