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Deux passantes se tiennent face à un portrait de Brigitte Bardot affiché en vitrine, le jour des obsèques de la célèbre actrice française, le 7 janvier 2026 à Saint-Tropez.
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"La dernière surprise de Brigitte Bardot" : méfiez-vous de cette arnaque redoutable

Deux passantes se tiennent face à un portrait de Brigitte Bardot affiché en vitrine, le jour des obsèques de la célèbre actrice française, le 7 janvier 2026 à Saint-Tropez. © MIGUEL MEDINA / AFP

Pour parvenir à leurs fins, certains cybercriminels n’hésitent pas à exploiter des événements tragiques, surfant sur l’émotion pour attirer les internautes dans leurs filets. Après l’annonce du décès de Brigitte Bardot à la fin de l’année 2025, des faux sites ont ainsi fleuri, prétendant que l’icône du cinéma français avait fait fortune grâce à des investissements en ligne via des plateformes de trading. On vous décrypte cette escroquerie aussi vicieuse que dangereuse.

Peu après l’annonce du décès de Brigitte Bardot le 28 décembre 2025, une vaste opération d’arnaque en ligne a émergé sur les réseaux sociaux, usant de l’image et du nom de l’actrice pour attirer des victimes potentielles. Le mode opératoire : des publications sponsorisées qui redirigent vers de faux articles de presse, affirmant que la star avait accumulé une importante "fortune" grâce à une plateforme de trading automatisée par intelligence artificielle, mentionnée dans un prétendu testament - qui n'a jamais existé.

"La dernière surprise de Brigitte Bardot" : une arnaque bien rodée

Tout commence donc sur les réseaux sociaux. Conscients de la notoriété intacte de l’actrice française, décédée à l’âge de 91 ans, des escrocs ont déployé une campagne de publications sponsorisées sur Facebook, Instagram, LinkedIn ou encore X (ex-Twitter). Celles-ci évoquent un supposé "testament de Brigitte Bardot", qui n’aurait "jamais dû être rendu public" et qui aurait "bouleversé la France".

Ces publications redirigent les internautes vers de faux sites imitant la charte graphique du Monde, sur des articles prétendument co-signés avec l’AFP (Agence France-Presse). Le titre, souvent similaire d’un site à l’autre, donne immédiatement le ton : Brigitte Bardot aurait dissimulé un "secret" ou laissé une "dernière surprise", à savoir un intérêt marqué pour une plateforme de trading algorithmique.

Voici ce que l’on peut notamment lire sur ces pages frauduleuses, comme le rapporte AFP Factuel, le service de vérification de l’Agence France-Presse :

"Pendant les deux dernières années de sa vie, Brigitte Bardot s'est sérieusement intéressée au trading algorithmique. Mais pas du type traditionnel - pas de hedge funds ni de banquiers privés. Elle utilisait Syntorax Bot, une plateforme automatisée basée sur l'intelligence artificielle."

Selon ce récit mensonger, l’actrice aurait ainsi accumulé près de 3,2 millions d’euros grâce à cette plateforme, un argument destiné à inciter les internautes à s’inscrire et à investir à leur tour. Si certains services de trading en ligne sont parfaitement légaux, toutes ces plateformes – l’AFP en a identifié au moins cinq – sont frauduleuses. Leur objectif est clair : soutirer l’épargne des victimes en leur faisant miroiter des gains rapides, élevés et sans risque, tout en exploitant l’image d’une personnalité publique récemment décédée.

Une arnaque au trading de plus en plus présente en ligne

Contactée par l’AFP, la Fondation Brigitte Bardot a fermement démenti cette campagne, qualifiant ces récits ''d’inventions'' et rappelant que l’actrice ne s’est jamais intéressée de près aux placements financiers. Elle précise également qu’aucun actif de ce type ne figure dans sa succession. De son côté, la Banque de France a confirmé à l’AFP que les relevés bancaires présentés dans ces faux articles étaient entièrement falsifiés.

Le phénomène est très loin d’être isolé. Interrogé par l’AFP le 22 janvier 2026, Jocelyn Ziegler, avocat et spécialiste de l’accompagnement des victimes d’escroqueries en ligne, souligne l’ampleur de ces fraudes liées au trading sur Internet. Son cabinet a ainsi pris en charge près de 4000 affaires en l’espace de six ans. En parallèle, plus de 25000 signalements ont été recensés sur cinq ans.

Une véritable tendance chez les escrocs, qui ne reculent devant rien et qui ne sont manifestement pas prêts de s’arrêter. Aussi, plus que jamais, la méfiance est de mise. On vous invite à consulter régulièrement notre dossier Sécurité pour vous tenir au courant des arnaques qui circulent, et à répondre à notre quiz Cybersécurité pour vérifier que vous adoptez bien les bons réflexes en ligne !

Source : AFP Factuel

Arthur Mathur
Arthur Mathur Rédacteur